Souvenirs de voyage en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge et au Laos : ce qu’il vaut mieux ne pas rapporter

Ramener un souvenir fait partie du voyage. Un textile acheté sur un marché, une céramique découverte dans un atelier ou un objet fabriqué par un artisan local permet de prolonger un peu l’expérience une fois rentré chez soi.
Mais certains objets proposés aux voyageurs peuvent provenir d’espèces protégées, de ressources naturelles fragiles ou du patrimoine culturel. D’autres peuvent être soumis à des autorisations d’exportation, même lorsqu’ils sont vendus librement dans une boutique.
En Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge comme au Laos, quelques réflexes simples permettent de faire des achats plus responsables… et d’éviter les mauvaises surprises à l’aéroport.

Produits issus d’animaux sauvages protégés
À ne pas acheter : ivoire, cornes, dents, griffes, carapaces, peaux, plumes ou objets fabriqués à partir d’animaux sauvages dont l’origine n’est pas clairement établie.
La Convention CITES réglemente le commerce international de plus de 40 000 espèces animales et végétales. Elle concerne aussi bien les animaux vivants que les peaux, objets décoratifs, bijoux, médicaments traditionnels ou autres produits dérivés.
Le fait qu’un objet soit vendu ouvertement sur un marché ne signifie donc pas qu’il puisse légalement être exporté ou importé dans votre pays.
Coraux, coquillages et souvenirs provenant de la mer
Évitez de ramasser ou d’acheter du corail, des coquillages rares, des carapaces de tortues, des hippocampes ou des objets fabriqués à partir d’organismes marins.
Certains coraux et coquillages sont protégés et leur transport international peut nécessiter des documents CITES. Les douanes saisissent régulièrement des coraux et autres spécimens protégés rapportés comme simples souvenirs de vacances.
Même lorsqu’aucune interdiction particulière ne s’applique, prélever un élément dans un récif, une plage protégée ou un parc national contribue à fragiliser ces écosystèmes.

Animaux, insectes et spécimens naturalisés
Soyez prudents avec les papillons sous verre, scarabées, reptiles naturalisés, dents, os ou animaux conservés dans des bocaux.
Il peut être très difficile pour un voyageur de connaître précisément l’espèce concernée et son statut de protection. En cas de doute sur l'origine ou la légalité d'un spécimen, le meilleur choix reste de ne pas l’acheter.
Plantes, graines, orchidées et bois
Une plante ou un morceau de bois n’est pas nécessairement un souvenir anodin.
Certaines orchidées, plantes sauvages et essences de bois sont protégées ou soumises à des formalités d’exportation et d’importation. La réglementation CITES couvre également de nombreuses espèces végétales et produits qui en sont issus.
Pour vos achats, privilégiez les créations artisanales dont les matériaux et la provenance peuvent être clairement identifiés.

Antiquités, objets religieux et patrimoine culturel
C’est probablement le domaine où les règles diffèrent le plus selon les quatre pays.
🇹🇭 En Thaïlande
Les images de Bouddha, antiquités, objets d’art et objets archéologiques font partie des biens dont l’exportation peut être soumise à autorisation du Fine Arts Department. Les plantes et leurs différentes parties font également partie des produits pouvant être réglementés.
Une petite statue de décoration contemporaine n’est donc pas nécessairement comparable à une représentation ancienne ou à un véritable objet religieux.
Notre conseil : pour les représentations de Bouddha et objets semblant anciens, demandez toujours au vendeur leur origine et les documents éventuellement nécessaires.
🇻🇳 Au Vietnam
Une attention particulière doit être portée aux antiquités, vestiges, trésors nationaux et objets patrimoniaux. L’exportation de certaines catégories est interdite ou réglementée, et l’origine licite des antiquités est un élément essentiel. La réglementation vietnamienne prévoit également des dispositions spécifiques pour certains objets religieux provenant de lieux de culte.
Le Vietnam applique par ailleurs les règles de la CITES concernant le commerce d’espèces sauvages et a actualisé en 2026 les listes applicables à la suite de la CoP20.
Notre conseil : préférez les céramiques récentes, objets en bambou, textiles, créations contemporaines et produits provenant directement d’ateliers d’artisans.
🇰🇭 Au Cambodge
La vigilance doit être particulièrement forte pour les sculptures, bas-reliefs, statues et objets pouvant avoir une valeur archéologique ou patrimoniale.
La réglementation cambodgienne prévoit qu’un objet culturel ne peut être exporté sans l’autorisation spéciale de l’autorité compétente. Le Ministry of Culture and Fine Arts dispose d’ailleurs d’une procédure spécifique d’inspection et d’autorisation pour l’importation et l’exportation d’objets d’art.
Ne ramassez évidemment jamais de fragments de pierre, céramiques ou autres éléments dans les temples et sites archéologiques, notamment autour d’Angkor.
Le Cambodge réglemente également l’importation et l’exportation d’espèces animales et végétales protégées par la CITES.
🇱🇦 Au Laos
Le Laos protège également fortement son patrimoine historique et religieux.
Les objets archéologiques, dont certaines statues de Bouddha, représentations religieuses et objets patrimoniaux âgés de 50 ans ou plus, ne peuvent en principe pas être exportés sans procédure et autorisation gouvernementale.
Le commerce international de la faune et de la flore sauvages est également réglementé : l’exportation de certaines espèces inscrites à l’Annexe I de la CITES est interdite et d’autres catégories nécessitent des autorisations.
Notre conseil : privilégiez les textiles contemporains, le tissage artisanal, le papier traditionnel, la vannerie et les créations dont le fabricant et l’origine sont clairement identifiables.

Ne ramassez rien sur les sites historiques ou religieux
Une pierre au pied d’un temple, un morceau de brique ancienne ou un petit fragment de sculpture peut sembler insignifiant.
Laissez-le sur place.
Le patrimoine archéologique ne se limite pas aux pièces exposées dans les musées. Le prélèvement répété de petits objets par des visiteurs participe à la disparition progressive des sites.
Cette règle vaut évidemment pour les temples et sites historiques, mais aussi pour les parcs nationaux et autres espaces naturels protégés.
Attention aux contrefaçons
Les marchés d’Asie du Sud-Est peuvent proposer des copies de vêtements, sacs, montres ou autres produits de grandes marques.
Nous déconseillons leur achat. Les marchandises contrefaites sont considérées comme des marchandises prohibées et peuvent être saisies par les douanes.

Éviter les produits issus de l’exploitation de personnes vulnérables
Un achat responsable ne concerne pas uniquement l’environnement.
Évitez les produits dont la fabrication ou la vente semble reposer sur l’exploitation d’enfants ou de personnes en situation de grande vulnérabilité.
Lorsque cela est possible, privilégiez les ateliers, coopératives, entreprises sociales et artisans capables d’expliquer où, comment et par qui leurs produits sont fabriqués.
Acheter directement auprès d’un artisan permet également qu’une plus grande partie de la valeur de votre achat reste dans l’économie locale.
Que rapporter à la place ?
Il existe heureusement des centaines de souvenirs de voyage permettant de soutenir le savoir-faire local sans prélever sur le patrimoine ou la biodiversité :
Thaïlande : textiles, céramiques, vannerie, objets contemporains en bambou ou créations issues de matériaux recyclés.
Vietnam : laque contemporaine, céramiques, broderies, textiles, objets en bambou et rotin.
Cambodge : krama, soieries et textiles contemporains, vannerie, créations d’artisans et objets issus d’entreprises sociales.
Laos : textiles tissés à la main, créations en papier, vannerie et artisanat contemporain.
L’essentiel reste de privilégier des objets récents, traçables et réellement fabriqués localement plutôt que des produits dont la matière ou l’origine sont difficiles à identifier.

🌱 Le conseil Asiajet Travel
Un doute sur un souvenir ? Mieux vaut le laisser sur place.
Un objet vendu dans une boutique n’est pas automatiquement autorisé à quitter le pays, et son entrée en Europe peut également être réglementée.
Avant d’acheter un objet fabriqué à partir d’un animal, d’une plante, d’un bois rare ou présentant un caractère ancien ou religieux, renseignez-vous sur son origine et sur les éventuelles autorisations nécessaires.
Le plus beau souvenir reste souvent celui qui fait vivre un savoir-faire local sans appauvrir la biodiversité ni le patrimoine du pays visité.
Les réglementations pouvant évoluer, vérifiez les règles applicables auprès des autorités compétentes avant le départ. Des règles supplémentaires peuvent s’appliquer, notamment pour les espèces protégées, les végétaux, les biens culturels et les contrefaçons.
Rapportez et partagez cet article et
le résumé PDF pour la Thaïlande ci-dessous :




Commentaires